La légende de la TANK de CARTIER

La légende de la TANK de CARTIER

Le monde de l’horlogerie de luxe compte quelques rares montres devenues de véritables icones. Des modèles emblématiques, adulés par les collectionneurs, sur lesquels le temps n’a aucune prise et qui conservent toute leur aura au fil des décennies. La Tank au sein de la maison Cartier en est assurément le meilleur symbole. 

Castelbajac

Dans l’univers de l’horlogerie, nombre de marques s’enorgueillissent de posséder une histoire plus que centenaire. Mais combien de montres peuvent-elles en faire autant ? Le premier modèle qui vient à l’esprit est la Tank de Cartier. Voici en effet une pièce faisant l’actualité mais qui est pourtant née en 1917 ! On aurait pu croire que les effets de mode, l’évolution des technologies ou l’usure du temps auraient remisé une telle “ancêtre” dans le tiroir des souvenirs. Il n’en n’est rien et, bien au contraire, la Tank demeure toujours aussi prisée des amateurs d’horlogerie de luxe.

Pour célébrer le centenaire de son icône horlogère en 2017 , la maison Cartier n’a pas hésité à présenter huit nouvelles versions. Des pièces à la fois fidèles aux montres Tank ayant rythmé le siècle écoulé et inscrites dans l’époque contemporaine par de subtiles évolutions techniques ou esthétiques. D’ailleurs, il faudrait plutôt parler “des” Tank plutôt que de “la” Tank, tant celle-ci a su se réinventer par le passé.

L’emblématique Tank Louis Cartier

Si un modèle précis symbolise à lui tout seul l’esprit même de la collection Tank, c’est bien de la “Louis Cartier” dont il s’agit. Avec sa forme rectangulaire remarquablement équilibrée, ses lignes tendues, ses brancards caractéristiques aux angles arrondis, cette montre apparue en 1922 portait en elle tous les gènes de la Tank. Et que dire de son cadran, de ses chiffres romains, de sa minuterie chemin de fer, de ses aiguilles bleuies ou de sa couronne ornée d’un saphir… Plus qu’une Tank, LA Tank ! « L’évidence du trait, la juste rigueur des formes fondent la force du style et le caractère de cette montre pure, pérenne, née hors du temps », affirme-t-on joliment chez Cartier.

A l’évidence, la “Louis Cartier” ne pouvait pas être absente des célébrations marquant le centenaire de la collection Tank. On la redécouvre donc en 2017 en deux nouvelles versions inédites.

Tout d’abord, voici un grand modèle en or rose animé par un mouvement mécanique à remontage manuel, Calibre 8971 MC. Il existe également en déclinaisons or rose ou or gris rhodié serti de diamants taille brillant.

Ce même mouvement à remontage manuel 8971 MC se retrouve au cœur d’un boîtier aux dimensions plus réduites, en or rose non serti ou bien en or rose/diamants ou or gris/diamants. « Un concentré de Cartier », se réjouissent ses concepteurs.

Cartier Louis Cartier  

 

Tank Cintrée Squelette : comme une œuvre d’art

Voici une deuxième Tank 2017 qui tisse un lien direct entre le passé et le présent. Dès 1921, Cartier avait osé révolutionné son modèle-phare en étirant le boîtier. Le “presque carré” de la Tank Cintrée s’était mué en rectangle dont la forme galbée épousait le poignet.

Pour rappeler cette audace stylistique, Cartier a conçu deux nouvelles versions en or rose ou en platine dont le boîtier accueille un mouvement squelette (il s’agit en l’occurrence du Calibre 9917 MC à remontage manuel). « Dans sa transparence ne demeurent que les signes essentiels : les aiguilles, le chemin de fer et, en arrière-plan, les rouages disposés sur plusieurs niveaux, le tout selon la courbe singulière de la Tank Cintrée », analysent les designers qui n’hésitent pas à parler d’une « montre comme une œuvre d’art » qui ne sera produite qu’en édition limitée à 100 exemplaires.

 

Tank Américaine, le passé modernisé

Avec son boîtier rectangulaire incurvé dessiné en 1987, la Tank Américaine avait été perçue comme une héritière de l’esprit de la Tank Cintrée. Mais une héritière généreuse, aux formes plus massives assumant une séduction “virile”, symbole de son époque. Autre innovation, elle se portait sur un bracelet bénéficiant d’une boucle déployante inédite permettant d’adapter parfaitement la longueur du bracelet à la taille du poignet. Précisons que ce dispositif remplaçait celui que Cartier utilisait depuis 1910.

Ajoutons enfin que cette Tank Américaine était la première montre Cartier avec boîtier galbé étanche.

En 2017, elle vit une nouvelle jeunesse avec une présence visuelle toujours aussi forte, dans une version acier aux lignes épurées et au style contemporain d’une grande sobriété.

Trois tailles sont proposées, “Petit modèle”, “Moyen modèle” et “Grand modèle”, afin de pouvoir être portées par tous et toutes, quel que soit le diamètre de son poignet. Le plus petit boîtier abrite un mouvement à quartz tandis que les deux autres tailles reçoivent un mouvement mécanique à remontage automatique.

 Tank Américaine petit modèle en acier

 

Une Tank Française tout en douceur

 En 1996, son arrivée avait étonné. Il est vrai que si elle s’appelait bien Tank, son qualificatif de “Française” s’accompagnait de véritables surprises. A commencer par son boîtier s’insérant dans un bracelet en métal. L’effet recherché (pas de rupture de ligne, de volume ou de matière, et continuité parfaite entre boîtier et bracelet) était indubitablement atteint, agrémenté d’un soupçon de piment dû à cette nouvelle géométrie et à ce visage métamorphosé. A eux seuls, les brancards biseautés constituaient une petite révolution ! Les maillons du bracelet affichant une courbure concave ne passèrent pas non plus inaperçus. On parla alors de “radicalisation des lignes”.

Aujourd’hui, en cette année 2017 marquant les 100 ans d’existence de la Tank, la nouvelle Tank Française joue une fois encore les provocatrices en mariant acier et diamants taille brillant. Une association faisant de cette pièce sertie (« libre et affranchie » selon les mots de ses concepteurs), une montre à forte personnalité. On pourra la choisir en petit modèle ou en moyen modèle, tous deux animés par un mouvement à quartz.

 Tank Française moyen modèle en acier serti de diamants taille brillant

 

Tank, 100 ans d’histoire

 

« Tank is forever » proclame Cartier aujourd’hui. Une éternité probable, voire certaine, qui aurait peut-être surpris Louis Cartier lui-même lorsqu’il conçut la montre. Il est vrai qu’il la dessina dans des circonstances peu banales.

Nous sommes le 15 septembre 1916, en pleine Première Guerre mondiale. La bataille de la Somme est engagée. Alors que le sort des armes peut se jouer à l’occasion de ce combat féroce entre troupes alliées et allemandes, d’étranges machines de guerre d’un tout nouveau genre font leur apparition au sein de l’armée britannique : des véhicules blindés équipés de chenilles.

Longs de 8 mètres, larges de 4 mètres, pesant 30 tonnes, ces mastodontes sont aussi impressionnants que terrifiants même s’ils sont dépourvus de canons mais équipés de simples mitrailleuses. Leur rôle consiste à écraser les lignes de fil de fer barbelé et à offrir une protection mobile aux fantassins avançant dans leur sillage. Comme ils ressemblent à de gros réservoirs, on les surnomme “tanks” (réservoir en anglais).

On ne sait pas avec certitude comment Louis Cartier put observer d’en haut ces fameux engins, mais leur forme l’inspira. Il s’interrogea si le bloc central pouvait se muer en boîtier de montre tandis que les chenilles deviendraient des brancards reliés au bracelet. Il lui fallut un an pour concrétiser ce projet et c’est en 1917 qu’il décida définitivement de rendre hommage à ces tanks qui avaient contribué à faire basculer le sort de la guerre, en concevant une montre reprenant leur silhouette.

Une fois la guerre terminée, Cartier offrit le prototype de la nouvelle montre Tank au général Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain en Europe. Cette pièce originelle avait été fabriquée en or jaune. Rythmé par des chiffres romains, le cadran disposait d’une échelle des minutes en forme de chemin de fer, d’aiguilles “pomme” en acier bleui et d’une couronne de remontoir ornée d’un cabochon saphir.

Tous les signes distinctifs de la Tank étaient déjà réunis.

Pourtant, la fabrication “en série” de cette montre rectangulaire pris du temps et elle ne vit officiellement le jour qu’en 1919.

Se plonger dans les archives de la maison Cartier permet d’en savoir davantage sur les grands débuts commerciaux de la montre : entre le 15 novembre et le 26 décembre 1919, six pièces furent inscrites au stock. Le 17 janvier suivant, il n’en restait plus aucune en magasin. Nombreux furent les amateurs de belle horlogerie à vouloir se l’offrir. Parmi eux figurait la star de cinéma Rudolph Valentino. L’acteur allait beaucoup contribuer à la légende de la nouvelle montre : en 1925, lors du tournage du film Le Fils du Cheikh, il demanda et obtint de pouvoir conserver au poignet sa Cartier Tank en or, malgré le décalage avec la tenue de bédouin qu’il arborait à l’écran !

Mais il ne fallut pas attendre cette année 1925 pour voir la Tank commencer son extraordinaire voyage à travers le temps. Dès 1921, elle fut proposée dans une version Cintrée, avec un boîtier galbé aux lignes rectangulaires étirées épousant l’arrondi du poignet.

En 1922, période teintée d’orientalisme, on vit apparaître la montre Tank Chinoise dont la forme renouant avec le carré de la Santos de 1904 rappelait l’architecture des portiques des temples chinois. Deux barres horizontales dépassaient sur les côtés, s’opposant aux brancards verticaux et dessinant des linteaux. Cependant, même dans cette déclinaison exotique, cette Tank conservait ses racines : cadran à chiffres romains, minuterie chemin de fer, aiguilles “pomme” en acier bleui, couronne de remontoir perlée, cabochon saphir, bracelet en cuir…

Rudolph Valentino

Au cours de cette même année 1922, on assista également à un autre événement majeur dans l’histoire de la Tank : la naissance du modèle “Tank Louis Cartier”, aux angles adoucis.

On découvrit ensuite la Tank à Guichets en 1928. Une montre spectaculaire dont la glace, le cadran et les aiguilles avaient disparu, remplacés par une plaque percée d’ouvertures laissant apercevoir des segments de disques rotatifs. L’un permettait de connaître l’heure, l’autre les minutes.

On connut un nouveau choc quatre ans plus tard, en 1932, lorsque la Tank Basculante fut dévoilée. Afin de protéger son cadran, le boîtier pouvait pivoter longitudinalement grâce à un cadran articulé.

Vingt années plus tard, en 1952, on retrouva une touche de classicisme au travers de la Tank Rectangle renouant avec les rondeurs.

Au début des années 1960, la Petite Tank Allongée, puis la Mini Tank Louis Cartier, aidèrent la montre de se renouveler grâce à des versions féminines, serties ou non.

Gary Cooper

Lors de la décennie suivante, la maison Cartier choisit de faire souffler un vent de modernité sur sa collection Tank. En 1977, cette décision fut concrétisée par le lancement de la Tank Must de Cartier en vermeil. Dépourvus de tout chiffre, les cadrans arboraient des couleurs faisant écho aux matériaux précieux utilisés en joaillerie, onyx, corail, ivoire, lapis-lazuli, écaille, grenat…

Andy Warhol

Dessinée en 1987 mais présentée au public en 1989, la Tank Américaine s’affirma comme l’héritière de la Tank Cintrée de 1921 dont elle reprenait la cambrure du boîtier. La forme rectangulaire était néanmoins plus compacte et les brancards plus arrondis.

La Tank Française de 1996, dotée d’un bracelet métallique et de brancards biseautés, marqua un changement radical de style.

L’innovation s’exprima à nouveau en 2002 avec l’audacieuse Tank Divan, dont le cadran se trouvait cette fois à l’horizontale.

Il y eut encore par la suite les Tank Solo et XL Extra-Plate avant de voir surgir, en 2012, la Tank Anglaise. Une Tank tout en rondeur, douceur et équilibre.

Et il fallut encore attendre cinq ans pour assister à la naissance de la collection anniversaire marquant le siècle d’existence de cette icone incontestée de l’horlogerie mondiale…

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